Crêts, plissements, combes, dolines, lapiaz, grottes, cascades… Le Massif du Jura étonne par la richesse de ses paysages.

Il a fourni aux hommes de nombreuses ressources qui leur ont permis, au fur et à mesure de leur emprise sur les terres, de transformer à leur tour les paysages.


Plissement : le Chapeau de gendarme

 

Vedette des manuels scolaires, il rappelle le bicorne des gendarmes après la Révolution.

Sa mise en place résulte de la poussée et du déplacement de l’anticlinal adjacent des Molunes vers le Nord-Ouest.

Les couches sédimentaires de l’Ere secondaire se décollent au niveau des épais dépôts de sel formés pendant le Trias, qui fonctionnement un peu comme un lubrifiant et les sédiments se désolidarisent du socle continental.

Le front de chevauchement des Molunes est lui-même marqué par un autre pli en forme de champignon : le pli de la Cernaise.


Dolines et gouffres

 

Une doline est une dépression fermée, circulaire ou elliptique, de quelques mètres à quelques centaines de mètres, et dont la profondeur est inférieure au diamètre.

On réserve le terme d’aven (ou gouffre) à une dépression aux parois subverticales plus profondes que larges. Ces formes karstiques de surface sont souvent en rapport avec les réseaux karstiques souterrains (grottes) et leur formation associe des phénomènes d’effondrement aux processus classiques de dissolution du calcaire.
A la surface des plateaux jurassiens, le calcaire affleurant est fréquemment creusé de sillons parallèles, séparés par des crêtes plus ou moins émoussées. Le terme de « lapiaz » qui désigne ces formes est issu d’un terme savoyard (issu du latin lapis, pierre).
Le lapiaz résulte de l’érosion superficielle, par l’eau de pluie et de ruissellement, de fissures affectant le calcaire. La profondeur des sillons varie avec l’intensité de l’altération : de quelques centimètres à plusieurs mètres.


Reculées

 

Paysages caractéristiques du Jura, les reculées sont de longues vallées qui incisent les plateaux calcaires à couches horizontales pour se terminer abruptement en « bout du monde ».

Au pied de ce cirque calcaire, une résurgence jaillit de manière souvent spectaculaire.


Les tufs calcaires

 

Non loin de sa source dans la reculée de Baume-les-Messieurs, le Dard tombe en cascade pétrifiante. Il y dépose, par précipitation, une partie du calcaire que les eaux ont dissous en amont dans leur voyage souterrain. Cette calcite forme des vasques et des concrétions de tuf, phénomène favorisé par la présence et l’activité biologique des mousses. Ces dernières, en captant le dioxyde de carbone, provoquent la transformation du bicarbonate de calcium, soluble,en carbonate insoluble, la calcite, qui se dépose rapidement et construit des concrétions emprisonnant des éléments végétaux.